Les dangers des moyens de financement parallèles
Publié le 24 avril 2018

Faire l’acquisition d’une officine de pharmacie n’est pas toujours chose aisée. En effet, au-delà de l’énergie et du temps que cela requiert, encore faut-il pouvoir financer un tel projet.

 

Traditionnellement, au moment où les pharmaciens acquièrent leur officine, ils établissent avec leurs différents conseils un plan de financement qu’ils présentent ensuite à la banque. Devant la montée des enjeux et le contexte économique actuel, les banques sont de plus en plus « frileuses » lorsqu’il s’agit de prêter des sommes importantes. Elles se protègent donc, en demandant notamment un apport important correspondant à environ 20 % du prix de l’officine. Certains pharmaciens, notamment ceux qui acquièrent leur première officine, n’ont pas toujours l’apport nécessaire. C’est dans cette perspective que les fonds  d’investissement voient un moyen d’investir dans les officines. Ainsi, les fonds proposent aux pharmaciens une solution alternative pour financer l’acquisition de leur officine : les obligations convertibles en action, également appelée OCA.

 

Les OCA
L’émission d’obligations est une technique qui permet à la Société d’Exercice Libéral – SEL – d’émettre des obligations (des droits)  convertibles en actions en faveur d’un fonds d’investissement, qui, en contrepartie, prête l’argent nécessaire à l’acquisition de l’officine.   Concrètement, cela signifie que le fonds d’investissement établit un contrat aux termes duquel il prête au pharmacien les fonds nécessaires à l’acquisition de son officine en contrepartie de quoi, la société lui accorde le droit d’obtenir des actions au capital de la société ou le remboursement de  la dette avec paiement d’une prime élevée de non conversion. Le principe  des OCA se fait en parallèle de l’emprunt bancaire (dette « senior ») qui vient en 1er rang.

 

Convertir l’investissement en actions/parts

 

L’intérêt principal du fonds d’investissement est de pouvoir convertir, à la fin du contrat, son investissement en actions/parts dans une société qui est en forte évolution ou de sortir de la structure avec le remboursement de la dette et en bonus, le paiement d’une prime de non conversion (souvent très élevée). Alors qu’ils ne sont pas encore admis au capital des sociétés, ces fonds d’investissements s’intéressent cependant aux pharmacies dans l’attente et l’espoir d’une ouverture de capital, leurs intérêts étant préservés dans les contrats qu’ils proposent via la prime de non conversion.
Attention aux modalités de remboursement
Le principal danger réside dans l’émission des contrats par les fonds. En effet, ils sont souvent très contraignants financièrement, les modalités de remboursement et les objectifs du fonds ne prenant pas en compte la gestion de l’officine ni sa trésorerie. Dans ce type de contrat, les taux de remboursement et taux d’intérêts sont si élevés qu’ils représentent des coûts de financement d’environ 12% : ce modèle de convention est donc  fortement déconseillé. Il existe cependant certains contrats dont les conditions sont plus acceptables. Ils sont alors peut-être un nouveau moyen de financement à prendre en considération.

 

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